Faire financer des animes par le public, une bonne idée?
- Jeudi 15 mars 2012
- ParSmog ShadowSeth
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En ce moment quelque part en Californie, les employés et le patron d’un studio de développement de jeux vidéo n’ont qu’un immense sourire à afficher sur leur visage. Hier s’est achevé pour eux la première partie d’une aventure qui à priori n’avait pas toutes les chances de se réaliser. Hier, le studio Double Fine, connu pour ses jeux point&click à succès tels que Day of the Tentacle ou Grim Fandango, a bouclé sa campagne de levée de fonds. Fonds qui vont servir à produire un jeu dont ils ont le secret mais que tout éditeur aujourd’hui se refuse à financer car jugé dépassé. Position dorénavant pour le moins paradoxale de leur part, car s’il y a une chose que cette campagne a prouvé, c’est qu’il y a toujours un public que ce genre de jeux intéresse, un public qui plus est prêt à payer, chose que l’on croyait rare à l’ère du piratage de masse revendiqué.
Le projet Double Fine Adventure, visant à être financé en partie grâce aux « crowdfunding » – financement par la foule – a largement dépassé son objectif initial de levée de fonds qui était fixé à 400.000 $ en un mois, pour atteindre plus de 3.330.000 $ sur cette même période. En échange de leur investissement, les joueurs recevront au minimum un accès à la Bêta du jeu ainsi qu’une copie dudit jeu, avec en prime des goodies de plus ou moins grande valeur selon qu’ils aient investit plus ou moins dans le projet.
Bref, hier, un développeur de jeux vidéos a reçu plus que ce qu’il ne lui fallait pour produire un jeu selon son envie, et des joueurs ont reçu l’assurance de posséder ce fameux jeu d’un genre qui leur manque tant dans le futur. Hier marque le jour où le modèle du financement par la foule aura été définitivement reconnu comme fiable dans le milieu du jeux vidéo. Un milieu qui se dit fort volontiers handicapé au niveau créativité par la volonté des éditeurs de rendre ses produits génériques ce à la seule fin de les rendre accessible au plus grand nombre pour maximiser les ventes. Et qui voit donc en ce modèle de financement une façon de s’exprimer à nouveau à son plein potentiel.
Mais ce n’est pas ici ce qui nous intéresse. Traversons le pacifique pour aller retrouver les studios d’animation japonnais qui font face à une crise de leur industrie depuis un certain temps. La baisse des ventes, le fansub, le manque de renouveau, l’inaccessibilité de ce marché aux étrangers… Les sujets ne manquent pas pour illustrer la situation peu reluisante des acteurs du milieu qui s’accrochent aux valeurs sûres et aux modèles éprouvés en espérant voir la situation s’améliorer un jour.
Mais la veille de la clôture de la levée de fonds pour Double Fine Adventure aux Etats-Unis, un blogueur britannique vivant au Japon posait ouvertement la question à son public: et si la méthode utilisée par Double Fine était la réponse aux problèmes de l’animation japonaise? Sommes-nous prêts, nous Otakus, à jouer le rôle de micro-investisseurs auprès des studios d’animation?


