A force d’entendre parler de partout de « HD » dès qu’il est question de visionner quoique ce soit de nos jours, la curiosité a fini par emporter une bataille dans mon esprit jusque là assez dubitatif sur le support officiel des contenu HD, j’ai nommé le Blu-ray. Ou bien ce sont simplement les prix de l’équipement qui sont passé à niveau suffisamment raisonnable ces dernier temps (la barre des 100 € atteinte par plusieurs lecteurs BD pour PC) pour pouvoir me permettre de commander un lecteur au gros barbu rouge sans trop de remords qui m’y ont incité. Ou les deux.
Bref. Toujours est-il que le saut de l’équipement fait, il me fallait trouver de quoi nourrir mon mange galettes bleues. Mais n’étant guère cinéphile et le prix prohibitif de pas mal de titre réussissant plus à me repousser qu’autre chose, il fallu attendre un truc pour lequel j’étais vraiment prêt à payer au prix fort… Et tiens, qu’est-ce qui est sortit au mois de décembre dernier? Une édition collector de L’OAV de Black Rock Shooter en Blu-ray! Le fanboy a donc vite eu raison de l’acheteur frileux et a passé une petite commande auprès d’un membre de la famille présent au pays du soleil levant, qui l’a ramenée dans ses bagages à l’occasion d’une visite de courtoisie en France.
Et ce fut les début de mes ennuis avec la « révolutionnaire » HD…

Premier constat: VLC, lecteur multimédia dont je met sert pour tout ce qui est vidéo, lecteur certes lourd mais pouvant lire tous les formats de la création ou presque, contenait justement le format Blu-Ray dans le « ou presque ». En gros, il est incapable de lire une galette bleue. Bon, pas grave, il y a un logiciel de lecture vidéo fourni avec le lecteur Blu-Ray, ce bon vieux PowerDVD dans sa version 8; ça me fait chier de multiplier les installations d’outils redondants sur mon PC, mais j’y tiens vraiment à ma BRS en HD.
On lance l’installation du bousin; on commence par virer la chiée de logiciels annexes qui ne servent à rien que CyberLink tiens vraiment à nous refourguer pour ne garder que le lecteur et un petit logiciel de diagnostic de compatibilité HD, au cas où. Non, je ne veux pas de logiciel gravure fait maison, j’ai déjà ce qu’il faut en gratuit et libre. Non, je ne veux pas d’application à la con pour imprimer des étiquettes, je grave un DVD à chaque fois qu’il me tombe un œil et je ne tiens pas vraiment à en faire des œuvres d’art donc non. Non, je ne veux pas de « gestionnaire multimédia », je me démerde très bien avec l’interface de Windows pour gérer mes répertoires de contenu, merci. Non, je ne veux pas d’application à la con qui me rajoute des effet tout aussi cons sur ma webcam, parce que déjà il faudrait que mon PC ait une webcam. Non, je ne veux pas d’un logiciel de retraitement de vidéo; tu connais Windows movie maker saloperie?!

Grunt. Après avoir donc installé uniquement ce dont j’avais besoin, je lance le lecteur et lui demande de lire ma galette bleue, tâche qu’il exécute sans tarder, et bientôt les première secondes de l’OAV s’affichent à l’écran. Mais je n’ai guère le temps de m’en réjouir car même pas 5 secondes après le début de la lecture, le bousin freeze en m’affichant une fenêtre m’évoquant un obscur problème de branchement vidéo. Gné? Mais… t’as très bien pu les lire correctement ces 5 premières secondes! Pourquoi tu me fais une crise d’un coup?

Direction la FAQ du site de l’éditeur du logiciel, où j’apprends qu’il se pourrai qu’une partie de mon matériel ne soit pas compatible avec une obscure norme désignée sous l’acronyme de « HDCP ».
Bon. C’est quoi le HDCP, Wikipédia? Une technologie propriétaire d’encryptage de flux vidéo entre le lecteur et l’écran afin d’éviter que de vilains tipiaks ne capturent ce flux pour violer les belles loi du copyrigth, mon enfant. Il faut que toute la chaine des appareils impliqués dans la lecture, le décodage et la projection soient compatibles HDCP pour pouvoir lire un Blu-Ray.
Mais… mon lecteur est on ne peut plus récent! Et ma carte graphique aussi! Et ton écran, gros benêt? Heu… il date de 2006, c’est grave? Parce que c’est quand même un écran plat, hein…

On lance l’outil de diagnostic de CyberLink pour en avoir le cœur net. Bingo: le seul élément incompatible dans ma chaîne, c’est la sortie vidéo. FUUUUU…

Mais alors… Je suis obligé d’aller m’acheter un nouvel écran rien que pour pouvoir mater un putain de Blu-Ray?! Eh bah oui, c’est ballot, hein.

Ou pas. Des petits malins ont réussi à craker (comme c’est étonnant) le HDCP et ont mis au point des logiciels fonctionnant en fond de tâche qui décryptent le flux vidéo et le rebalance en clair. Oh, yay! Sauf que les deux seuls logiciels à faire ça sont payants. Ah… Donc en gros, si je ne suis qu’un sale PAUVRE qui ne peux pas se racheter un écran compatible, je n’ai d’autre choix que de… payer à nouveau pour un logiciel qui n’aurai aucune raison d’être si ces cons d’ayants droits n’étaient pas à ce point paranoïaque sur leurs sacro-saints « droits » d’auteurs.
Je passe sur le fait que ces solutions sont à la limite de la légalité, mais soit-disant tolérées justement pour éviter un scandale de la part des utilisateurs qui n’ont pas un salaire mensuel à cinq chiffres, qui n’implique rien de moins que le paradoxe d’être obligé de devenir malhonnête (et justiciable à la merci des ayants-droits) pour avoir voulu être honnête en achetant un Blu-Ray tout ce qu’il y a de plus légal alors que j’aurai tout aussi bien pu me procurer le rip entièrement compatible pour 0€ chez Dédé les bons torrents. Roucoule, petit pigeon, roucoule.

Fort heureusement, l’un des deux logiciel offre une période d’essai gratuite. Profitons-en! Un téléchargement, une installation et un reboot plus tard, je relance VLC qui finalement est bel et bien capable de lire les Blu-Ray, mais d’une manière assez spéciale, puisqu’il faut aller chercher à la main les pistes vidéo sur le BD!
Mis bon qu’importe, car CA MAAAARCHE! Ou presque. Parce que. Ça. Rame. Méchamment.
J’ai un QuadCore, 4 Go de RAM et une GTX 460 1 Go, et il faut que ÇA RAME?!
Dernière tentative, dernière recherche sur le web. Oh! il faut prendre la nouvelle version de VLC qui intègre une accélération matérielle, expérimentale certes, mais il parait que ça rame plus avec! Sitôt dit sitôt fait; on active l’accélération, on relance la piste vidéo et… Cette fois c’est la bonne. Mais il faut maintenant que je trouve le fichier de sous-titres sur le BD pour pouvoir y piger quelque chose. Rah. J’abandonne. Et puis de toutes façon, y’a pas de paroles dans la partie la plus intéressante de l’OAV.

Vous n'imaginez pas à quel point j'en ai chié pour avoir cette capture d'écran. Sérieusement.

(Et Tsumugi qui me trolle en passant la chanson Black Rock Shooter juste au moment de conclure cet article. Mais je suis maudit…)

Moralité? J’ai sans doute pêché par ignorance avec cette histoire de HDCP qui m’a pris au dépourvu, mais j’aurai sans doute économisé de précieuses heures de ma vie en faisant mon pirate ingrat, comme pour une très large majorité de DRM. Je n’ai pu que constater l’idée bien répandue que les DRM sont en fait la meilleure incitation au piratage possible. Le pire? Ce n’est même pas la faute de l’éditeur du DVD sur ce coup, mais de Sony et son format propriétaire. En conséquence de quoi, ils peuvent se brosser pour que j’achète des Blu-ray à l’avenir.
Et je me demande franchement ce qui me retiens encore de virer 100% pirate.