Polémiques Diablo 3: Joueurs, il est temps de choisir.
- Dimanche 7 août 2011
- Publie dansjeux video
- ParSmog ShadowSeth
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A moins que vous n’ayez décidé de vivre en ermite ces derniers jours, vous n’aurez sans doute pas manqué la levée de boucliers provoquée par les dernières annonces de Blizzard concernant Diablo 3. Pour rappel, là où les membres des diverses communautés centrées autour de la licence Hack & Slash réputée de Blizzard s’attendaient à une annonce de bêta prochaine, ils se sont vu présenter deux couleuvres sous la forme de l’hôtel des ventes fonctionnant avec de l’argent réel et de l’obligation d’être connecté en permanence aux serveurs de Battle.net pour pouvoir jouer au jeu, que l’on veuille jouer en multi ou non.
Les réactions ne se sont pas faites attendre: il s’en trouve peu pour apprécier pleinement ce que Blizzard décris comme des « améliorations de l’expérience utilisateur », et il est vivement espéré que le développeur reviendra au moins sur la décision du tout online, là où l’hôtel des ventes avec argent réel est accepté plus par dépit qu’autre chose à cause de la réalité du trafic d’items contre espèces sonnantes et trébuchantes. Il est espéré que l’indignation des futurs acheteurs du jeu puisse faire changer d’avis Blizzard, à la façon dont celui-ci avait fait machine arrière lorsqu’il avait voulu rendre obligatoire l’affichage des noms réels des participants de leurs forums officiels.
Mais à titre personnel, je ne crois pas à un revirement de Blizzard. Et pour noircir encore un peu le tableau, je suis même convaincu que ceux-là même qui se plaignent aujourd’hui seront les premiers à se jeter sur le jeu une fois celui-ci sortit, et que les ventes ne pâtiront absolument pas de cette dérive de Blizzard.
Pourquoi me permet-je une telle affirmation? Il suffit de comparer les résultats des deux camps en jeu dans leurs combats respectifs sur les autres licences. Les « camps » en question étant les joueurs d’un côté et les éditeurs/développeurs de l’autre. Qui peut me citer une seule licence d’Ubisoft dont les ventes aient pâtit de la présence de leur fameux DRM de connexion permanente? Tout le monde voue Electronic Arts et sa politique aux gémonies, mais cela n’empêche pas l’éditeur de prospérer. Steam ne gène plus grand monde et est même présenté comme le compromis idéal entre DRM et exigences des joueurs.
Le doute n’est guère permis: les éditeurs mènent largement la danse en ignorant royalement la mauvaise réputation qu’ils se sont faite auprès des joueurs. Ils se contentent de faire du « damage control« , pour reprendre un terme cher aux chantres du marketing, si les joueurs se plaignent un peu trop fort, et leurs produits se vendent tout de même par cargos entiers en fin de compte. C’est ce qu’il s’est toujours passé jusqu’à présent, et qui se reproduira sans l’ombre d’un doute pour Diablo 3.
Pourquoi est-ce ainsi? A cause de l’attachement émotionnel des joueurs à leurs jeux. Le cas est particulièrement flagrant lorsqu’une grosse licence à succès est concernée, comme l’objet de cet article. Diablo est un jeu dont les qualités ne sont plus à prouver et qui a occupé les soirées de nombre d’entre nous, laissant globalement de très bon souvenirs. La perspective d’une suite modernisée et corrigeant les quelques défauts mineurs constatés sur la version précédente et affublée de quelques petites nouveautés s’en retrouve suffisamment engageante pour que l’on y adhère rapidement. Rares sont ceux qui sont prêt à y renoncer pour des motifs, attention au gros mot, politiques.
Politiques dans le sens primaire de ce mot, celui impliquant la nécessité d’un choix et de l’assumer, et non pas ce qu’il implique de polémique de nos jours et qui est très volontiers mis de côté pour éviter les accrochages inévitables qu’il entraine, particulièrement au sein de communautés centrées autour d’un moyen de divertissement tel que les jeux vidéos, où l’on se réunit principalement pour se détendre entre pratiquants d’un même loisir et non pour aborder des sujets qui risquent de diviser sérieusement.
Pourtant, faire un choix est nécessaire face à celui effectué par une majorité d’acteurs de l’industrie vidéo-ludique, et qui de toute évidence, ne plaît pas. Leur choix se résume ainsi: accroitre leur contrôle sur leurs produits, quitte à le faire au détriment de leur clientèle.
Face à cela, les joueurs ne possèdent que deux moyens de pression: l’expression de leur désaccord sur les lieux d’expression publics en espérant que l’industrie en tiendra compte et refuser de soutenir directement l’industrie en cessant d’acheter les produits marqués par leur politique de contrôle.
Le premier moyen est de loin celui favorisé par la communauté des joueurs, mais son efficacité est hélas toute relative. Il suffit de voir l’annonce récente d’Ubisoft annonçant le maintiens de son DRM à connexion permanente sur ses futurs titres, malgré la pression du public et quelques récent titres n’en étant pas affublés, qui laissaient penser que l’éditeur avait fini par faire machine arrière. Blizzard pousse encore plus loin avec Diablo 3, avec l’un de ses représentant qui « s’étonne » de la réaction négative suscitée par les récentes annonces.
Qu’en est-il du second moyen de pression? S’il serai plus à même de faire réfléchir les éditeurs car touchant directement à leurs revenus, il n’a pas vraiment la côte car impliquant de se priver d’un jeu que l’on attend souvent depuis plusieurs années avec grand espoir; l’attachement émotionnel empêche nombre d’entre les joueurs de franchir le pas de cette décision. Les éditeurs ont pleinnement conscience de cette faiblesse et peuvent se permettre de continuer à imposer leur politique.
On pourra arguer qu’il existe un troisième moyen de pression, qui s’apparente plus à de la protestation plus poussée qu’un simple désaccord exprimé: il s’agit du piratage. Le raisonnement est simple: on pirate le jeu par refus de soutenir l’industrie en ne leur versant pas la rémunération prévue en l’échange du droit de jouer à leur produit sans entrer en conflit avec le facteur émotionnel, puisqu’on se met à jouer à ce que l’on attendait au final, et bien souvent sans avoir à subir les dispositifs de sécurité issus des choix de l’industrie.
Le problème est qu’il s’agit d’une fausse bonne idée. D’une part, cela ne fait que confirmer l’industrie dans ses positions, puisqu’une grande partie de leur argumentaire tourne autour des pertes de revenus potentiels qu’ils subissent à cause du piratage. D’autre part, s’imaginer que les gens à l’origine de la version pirate sont de « bon samaritains » et n’en profiteront pas pour infecter votre machine avec un quelconque virus, c’est être quelque peu naïf. Et enfin, vous avez de fortes chances d’avoir toutes les difficultés du monde pour assurer la mise à jour de votre version piratée, tant pour du contenu supplémentaire si l’éditeur en fourni à la version légale que pour les patchs de correctifs. Ce dernier soucis pourra même vous pousser par lassitude vers la version légale alors que ce n’étais pas votre intention première. Et n’abordons même pas le problème d’isolement: si vos amis peuvent jouer ensemble en toute tranquillité avec leur version légale, il n’est pas dit que vous pourrez vous joindre à eux avec votre version piratée, ce qui vous donne une raison de plus de basculer vers le légal.
La seule option concrète qu’il reste aux joueurs est donc de ne pas obtenir le jeu (légalement ou pas), tarissant ainsi les rentrées d’argent attendues des ventes du jeu, obligeant les acteurs du milieu a être plus attentif quant aux attentes réelles de leur public. Cela implique une part de sacrifice personnel pour beaucoup, mais faut bien garder à l’esprit que sans moyen de faire comprendre leurs erreurs aux éditeurs/développeurs, les mesures intrusives de ces derniers continueront d’affecter notre « expérience utilisateur », et dans le mauvais sens. Être dépendant de la stabilité de sa connexion au web pour profiter de son achat était une absurdité il y a quelques années, et l’est encore pour nombre d’entre nous. Nous étions également loin d’imaginer les solution anti-piratage locale telle que Starforce et certains éditeurs n’ont pas hésité à faire usage de rootkit dans des cas extrêmes. Demandez-vous bien ce qu’ils vous réservent pour la suite, et demandez-vous aussi si finalement, cesser d’acheter quelques jeux le temps que les éditeurs réalisent qu’ils font fausse route ne serai pas mieux pour l’avenir.
Joueurs, vous connaissez le problème. Du concret de vos actions dépend votre crédibilité à pouvoir être en droit d’imposer vos vues au marché.
Il est temps de choisir.
Tiens ça me fait penser que je n’ai toujours pas essayé Starcraft 2. Je ne l’ai pas pris un peu pour la même raison (absence de LAN) + prix un poil trop élevé… Avec le nombre de jeux que j’ai, « politiquement satisfaisants », Blizzard peut attendre longtemps
Ton début de texte allait m’inciter au trollage gras, mais en faite non, je suis totalement d’accord avec la suite
. Toujours pas de Starcraft 2 chez moi, et Diablo III ne risque pas d’y mettre les pieds. Les sites en lignes me révulsent globalement (bien que j’ai deux trois jeux steam…oui bon portal hein merde).
Après, comme tu dis, ils s’en foutent. Fanbase qui va acheter plus nouveaux joueurs voulant découvrir ce qui faisait rêver les anciens, Diablo III va être un petit carton, c’est couru d’avance. Enfin après, c’est pas forcément les jeux occidentaux qui ont ma préférence, donc osef quelque part, mais en tant que personne qui s’intéresse au milieu, oui ça fait un peu peur
.
Je suis d’accord avec la conclusion. Les masses de joueurs qui sont au courant de ces choses doivent agir par le boycott systematique des jeux touchés par ces regressions que les editeurs appellent demagogiquement « ajout a l’experience utilisateur ».
Par contre, il reste pour moi un problème de taille. Même si tous les joueurs avisés faisaient effectivement un blocus, je ne suis pas sur que les ventes seraient si diminuées que ça.
Il ne faut pas oublier que dans les faits, la partie des joueurs totalement consciente de ces problèmes n’est pas forcément une écrasante majorité. Beaucoup ont montré leur étonnemment, avec certains jeux Ubisoft puisqu’ils sont mentionnés, après avoir aquis l’objet et s’être vu refusé le jeu par absence de connection internet. Si ceux-là en sont venu a connaitre le problème, ils ont déjà acheté le jeu.
Il y a aussi, d’autre part, ceux qui ne sont pas au courant et qui ne se rendront compte de rien, étant connecté au net en permanance, ou qui s’en acomoderont pour peut qu’ils aient une connection. Ceux-là sont probablement la grande majorité, et ne se rendent même pas compte de ce que l’éditeur leur impose. Celà est d’autant plus vrai qu’ils sont jeune en âge, puisque pour eux internet est quelquechose d’aquis comme pour les generations précédentes est l’electricité. Ces jeunes s’abitueront malheureusement trop vite a devoir se connecter pour jouer et ne réaliseront pas le moins du monde a quel point ils se font spoiler leur DROIT de jouer a un jeu MONOJOUEUR sans une connection.
Donc ma conclusion sera bien plus maussade, puisque je sais que :
1. La majorité des joueurs sont non-avertis et suivront les editeurs comme des moutons. C’est également ce qui a grandement baissé la qualité de certains jeux ces 10 dernières années (Final Fantasy, pour ne cite que ça).
2. Les joueurs avertis seront, pour la majorité, prisonniers de leur émotions et iront donc acheter le jeu malgré tout, renforçant encore les ventes déjà écrasantes de la majorité citée en 1.
3. La majorité des joueurs qui n’achèteront pas iront pirater, donnant ainsi un alibi aux éditeurs. Autant dire que ça n’aide pas.
4. Les autres sortiront leurs vielles consoles ou iront jouer a des jeux gratuit sur Newgrounds. Il est drôle de préciser que ceux-là feront beaucoup d’économies dans l’avenir, puisque le prix des jeux et autres produits relatifs (consoles, manettes, accessoires, etc…) ne fait qu’augmenter (70€ un jeu ? Impensable il y a 10 ans).
Les différentes méthodes cités sont malheureusement en effet les seules et aucune n’est parfaite. J’aimerais néanmoins rajouter quelques points :
-En effet je suis d’accord avec DracoDynasty, le boycott ne pourra jamais marcher. On parle d’un jeu qui est devenu une légende, beaucoup de personnes déterminées laisseront tomber le boycott quand ils verront que les ventes ne changent absolument pas et résister à l’envie d’y jouer au fur et à mesure que le phénomène prendra de l’importance sera de plus en plus difficile.
-Je suis assez d’accord avec l’auteur sur le piratage, à un détail près. Assasin’s creed II, qui avait le DRM de connexion et s’est pris la polémique en pleine face, aurait pu selon moi faire plus en terme de vente sans le DRM.
Je tiens ce sentiment d’une discussion que j’ai eu :
Une amie à moi, fervente contributrice du logiciel libre, bref une personne dont je respecte beaucoup l’opinion : « Pendant la pause dej’ je vais aller m’acheter AC II, le I était vraiment pas mal »
Moi : « Tu ne devrais pas l’acheter je pense »
Elle, très prompte : « Oh non je vais pas le pirater, c’est un jeu d’une telle qualité, il y a des fois où il faut récompenser l’éditeur pour la qualité du travail »
Moi : « Je sais que tu ne pas l’acheter, je te connais. Il y a un DRM de connexion. »
Elle : « ………………. Ah les *passage très long et totalement censuré*, bon tu as un bon lien torrent? »
A coté de cela, suite à la polémique, ils ont décidé de passer le Prince of Persia suivant sans le DRM de connexion. Bilan, très bonnes ventes. Le piratage aura au moins eu l’intérêt de les faire passer pour des cons.
Malheureusement, et les éditeurs ne s’y trompent plus, c’était valable pour un jeu 100% solo, c’est pour cela que la méthode du piratage a été rendu a peu près efficace. Pour diablo III, qui est un jeu 80% solo (je pense notamment aux multi avec ses potes, au risque d’avoir à refaire son perso si on laisse tomber le piratage du jeu et même les hauts fait pour les 20% restants) cela ne suffira pas. Je sais personnellement que j’achèterai le jeu légalement car je l’attend depuis tellement longtemps que je ne voudrais pas me passer de ces 20%. Pour moi la méthode du piratage ne marchera pas pour diablo III.
-Reste la méthode habituelle, gueuler sur les canaux d’expression. Certes peu efficace… Mais pas totalement inefficace pour autant. Souvenez-vous de l’histoire du Real ID pour WoW, la polémique a pris une ampleur sans précédent, médiatisé à un point tel que Blizzard a dû faire machine arrière alors que la décision était normalement irrévocable. Voilà selon moi la seule solution : arriver à s’organiser suffisamment pour atteindre un point similaire de médiatisation. Je ne sais pas encore comment, mais c’est raisonnablement la seule piste à peu près viable.
Article (et commentaires) très intéressant(s).
J’ai beaucoup joué sur console au lycée avant de décrocher en entrant en fac (passage aux consoles qu’on appelait next-gen, et focalisation sur le graphisme au détriment du contenu [ceci n'engage que moi]).
Je viens d’ailleurs juste de découvrir en mettant à TF2 le fait qu’on puisse acheter des objets virtuels, et j’avoue avoir été très surpris (en gros, j’ai découvert ça en même temps que steam, c’est dire mes connaissances du jeu vidéo sur pc…).
Sinon, je ne crois pas au boycott, les grosses franchises s’en sont toujours tirées grâce à leur nom, quelque soit la qualité du dernier épisode (parce que pour se faire un nom, faut que les premiers soient bons^^). C’était le cas sur console quand je m’intéressais énormément au sujet, et je doute qu’aujourd’hui ça ait changé.
Ca y est, j’ai presque 22 ans et je suis complètement largué par le monde du jeu vidéo, un vrai papy!
Et dire qu’il fut un temps où j’écrivais même des articles pour un petit site amateur…
M’en fous, j’ai plein de vieux jeux à (re)faire, ) finir ou découvrir!